Pourquoi l'année de pose est décisive
Dans les Yvelines, 72,8 % des résidences principales ont été achevées avant 1991, selon le recensement de 2023 de l'Insee. Les garages, abris de jardin et dépendances bâtis à cette époque ont souvent reçu des plaques en fibres-ciment. Jusqu'au 1er janvier 1997, date de l'interdiction, ces fibres pouvaient être de l'amiante. La règle vaut aussi pour les ardoises plates en fibres-ciment, les faîtières, les bardages et les gouttières de même nature.
Plaque récente et plaque amiantée se ressemblent à s'y méprendre. La date de construction donne une piste ; la certitude ne vient que d'un prélèvement confié à un laboratoire, pendant le repérage.
Qui a le droit de retirer la couverture
Confiée à une entreprise, la dépose d'un toit en amiante-ciment est un retrait relevant de la sous-section 3 du Code du travail. Il faut une entreprise certifiée pour le retrait et l'encapsulage. Celle-ci rédige un plan de retrait et l'adresse au moins 30 jours avant d'ouvrir le chantier (8 jours en cas d'urgence après un sinistre) à l'inspection du travail, à la Cramif (Caisse régionale d'assurance maladie d'Île-de-France), qui remplit en Île-de-France le rôle des Carsat, à l'OPPBTP le cas échéant et à son organisme certificateur. L'envoi peut se faire en ligne, sur la plateforme Demat@miante.
Changer une plaque fendue ou reprendre un faîtage sans toucher au reste peut relever de la sous-section 4. Le couvreur n'a alors pas besoin de certification, mais son personnel doit être formé au risque amiante et appliquer un mode opératoire. Ôter un versant entier ramène toujours au retrait.
Avant l'arrivée de l'entreprise, vous faites établir un repérage de l'amiante avant travaux par un opérateur certifié, puis vous le remettez aux entreprises consultées. Le particulier qui fait travailler une entreprise chez lui y est tenu comme un professionnel.
Le faire soi-même : permis, mais rarement sage
Aucun texte n'interdit à un propriétaire d'enlever lui-même quelques plaques sur son propre bâtiment. Le ministère de la Transition écologique et la DREETS le déconseillent néanmoins et le cantonnent aux petites surfaces. Rémunérer quelqu'un pour vous aider, même un proche, fait de vous un employeur soumis au Code du travail. Les précautions minimales :
- tenez enfants, animaux et voisins à distance jusqu'au nettoyage final ;
- portez une combinaison jetable à capuche, des gants et un masque FFP3 au minimum ;
- humidifiez chaque plaque, retirez ses fixations et descendez-la entière, sans la briser ni la faire glisser ;
- proscrivez les outils électriques rapides, le nettoyeur haute pression et l'aspirateur domestique ;
- enveloppez les plaques dans un film étanche marqué « amiante », couvrez la remorque, puis lavez-vous.
Une plaque déposée ne peut pas resservir. Surtout, regardez où elle pourra aller avant de monter sur le toit : pour 215 des 259 communes des Yvelines, le règlement des déchèteries refuse l'amiante, et le sud du département ne dispose que d'une collecte ponctuelle. Voir comment évacuer les plaques et les lieux de dépôt, commune par commune.
Déroulé d'un chantier confié à une entreprise
- Repérage : un opérateur certifié localise les matériaux amiantés ; vous transmettez son rapport.
- Plan de retrait : l'entreprise certifiée le prépare et l'envoie au moins 30 jours avant le chantier.
- Préparation : balisage de la zone, protections collectives, équipement de chaque opérateur.
- Dépose : plaques mouillées, dévissées et descendues une à une, sans casse.
- Évacuation : emballage étiqueté, transport vers une installation autorisée, bordereau BSDA rempli par l'entreprise dans Trackdéchets.
- Fin de chantier : nettoyage de la zone ; conservez le justificatif d'élimination des déchets.
Et le toit, ensuite ?
Un garage ou une dépendance ne peut pas rester à nu : bac acier, panneaux isolés, tuiles, ardoises ou plaques sans amiante prennent le relais, selon ce que supporte la charpente. Le formulaire vous demande si le toit est à refaire. Avec un « oui », l'entreprise chiffre la dépose et la couverture neuve, ou vous oriente vers un couvreur pour la seconde partie.
Textes officiels cités sur cette page
- Insee, Dossier complet du département des Yvelines (paru le 27/08/2026), tableau LOG T8 « Résidences principales en 2023 selon la période d'achèvement » (RP2023 exploitation principale, géographie au 01/01/2026)
- Interdiction de l'amiante : décret 96-1133 du 24/12/1996
- Listes A, B et C des matériaux visés : annexe 13-9, Code de la santé publique
- Champ des sous-sections 3 et 4 : art. R4412-94, Code du travail
- Certification obligatoire pour les entreprises de retrait : art. R4412-129
- Envoi du plan de retrait et destinataires : art. R4412-137
- Le risque amiante au travail (Cramif, rubrique « Prévenir les risques professionnels »)
- Repérage préalable à toute opération : art. R4412-97, Code du travail
- Interventions sur matériaux amiantés : brochure ED 6262 de l'INRS
- Plaques en amiante-ciment chez un particulier : guide du ministère de la Transition écologique
- Particuliers face à l'amiante : document de la DREETS, janvier 2023
- Le BSDA expliqué par Trackdéchets